Le Typographe

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livres 10 novembre 08

Aldo Manuzio, passions et secrets d’un Vénitien de génie

Aldus Manutius

Un roman sur Aldus Manutius, imprimeur de génie, qui entre autre a publié des ouvrages au format livre de poche (in-octavo) composés en italique. Cette dernière gravée par Francesco Griffo. Sans avoir lu ce livre je pense qu’il doit être intéressant pour mieux comprendre le contexte de l‘époque. Ce roman a été écrit par un ancien d’Apple et BBDO, Bruno Rives. Sa connaissance des nouveaux médias lui permet sans doute de mieux comprendre les conséquences de l’invention de l’imprimerie. A lire donc…

Un moteur de recherche offrant dix millions de dollars à qui retrouvera un manuscrit de Pline, mystérieusement disparu, et porteur de révélations fondamentales sur l‘époque du Christ. Une jeune philosophe italienne, Giulia, nourrie de culture classique, et venue enquêter à Paris pour tenter de remporter la prime. Un technologue, Marc, résolument tourné vers l’avenir et fasciné par les outils modernes de diffusion de la connaissance. Leur seul lien: la figure méconnue d’un génie vénitien, Aldo Manuzio, à qui l’on doit l’explosion du savoir à la Renaissance grâce à ses typographies uniques au monde et son invention du livre transportable. Cet homme, éditeur des plus beaux ouvrages jamais imprimés et de l‘énigmatique Hypnerotomachia, est le dernier à avoir eu en main le manuscrit de Pline. Fruit de trois années de recherche, cette intrigue passionnante où se mêlent présent et passé nous fait découvrir l’histoire secrète de l’alchimie du livre et nous emmène sur les traces de l’une des personnalités les plus fascinantes du monde de la connaissance.

Aldo Manuzio, passions et secrets d’un Vénitien de génie.
Librii, 324 pages, ISBN 978-2953164503.
18,05 € chez Amazon. Disponible également à la Fnac et en version pdf ou livre numérique sur le site de l‘éditeur à partir de 9 €.

[ajout] Suite aux commentaires, un parallèle semble être clair entre Apple et la calligraphie de l’Italique, via les cours de calligraphie de Lloyd Reynolds.

Jean François Porchez

6 commentaires

  1. J’ai lu cet ouvrage avec un grand intérêt. Il est fort bien documenté et je ne crois pas me tromper en disant que le livre a été composé avec le caractère Aldus d’Hermann Zapf, ce qui est tout à fait pertinent.

    En complément de cet ouvrage de référence, je ne puis que vous inviter à découvrir ou à redécouvrir l’ouvrage de Paul Dupont sur la dynastie de Manuce datant de 1853 et disponible gratuitement sur Textes Rares.


    velvetyne10 novembre, 16:15

  2. @ Jean François Porchez
    C’est un grand plaisir d‘être cité ici.
    Aldo Manuzio a compris que l’une des clés de l’alchimie du livre moderne se trouvait dans la typographie, et il a imaginé et fait graver l’une des plus lisibles encore aujourd’hui. Il a inventé les encres, les papiers, et des procédés comme la chasse sans lesquels le rendu aurait été médiocre. Après lui, beaucoup (dont son ami Dürer) ont tenté des améliorations sans succès. Son apport est tel qu’il est le héros d’Alan Kay, le père de l’anti-aliasing et conseiller de Steve Jobs (lui-même passionné de typographie) pour les fondations du système Macintosh.
    Il a travaillé sur de nombreux autres points, comme l’invention du point-virgule, la mise au point de techniques de composition (voir l’Hypnerotomachia), et le design de l’objet livre, en dissimulant les nerfs du dos et en rendant la couverture aussi attirante que celles des enluminés grâce aux fers qui portent son nom.

    @ velvetyne
    Merci pour votre commentaire. Concernant le caractère, vous ne pouvez pas vous tromper, m’a-t-on soufflé, nous sommes sur un blog de typographes.

    J’indique dans la préface ce qui m’a conduit à préférer la fiction à une biographie ou un essai (cela n’empêche pas que tous les faits soient vrais ou au plus près de la vérité).
    L’une des raisons est que certaines des sources fondamentales que j’ai consultées ne sont révélées fausses ou incomplètes, ou écrites et critiquées par des experts que personne ne sait qualifier. Aussi n’ai-je pas cité de références, laissant le lecteur curieux utiliser les méthodes qu’Aldo Manuzio a lui-même utilisées pour faire le tri dans des siècles de textes et leurs versions différentes.
    L’ouvrage “Paul Dupont, La dynastie des Alde”, est une bonne piste, car il présente d’emblée la démarche d’un professeur de grec “amoureux du savoir” souhaitant que ses élèves, les professeurs et le public puissent bénéficier de livres. L’enseignement et la diffusion de la connaissance en ont été transformés à jamais, et nous vivons avec l’Internet, le papier électronique et certains dispositifs comme l’iPhone la première révolution depuis.


    Bruno Rives10 novembre, 21:28

  3. Merci pour votre témoignage, c’est assez rare qu’un auteur intervienne dans nos colonnes, et vos commentaires donnent encore plus envie de vous lire, et de comprendre les parallèles avec l‘ère contemporaine. C’est clair de Steve Jobs, comme Sumner Stone ont suivis des cours de calligraphie (“Western American Branch of the Society for Italic Handwriting”) de Lloyd Reynolds et ont été marqués à jamais par l’italique, par extension, les maîtres italiens.

    Un autre complément est Auguste Renouard qui semble avoir été un grande référence pour beaucoup avec son ouvrage Annales de l’imprimerie des Aldes (1825), c’est en tous cas ce qu‘écrit René Ponot dans les actes du Colloque Garamond organisé par les Rencontres internationales de Lure à la Bibliothèque nationale de France en 1993:


    j f p11 novembre, 10:56

  4. Je conseille aussi de faire un petit tour à l’exposition Mantegna, au Louvre. Comme la présentation ne le mentionne pas, cet artiste (au sens philosophique), a joué un rôle crucial en soulignant l’importance de la typographie jusque dans ses œuvres. Il est l’un des pères de la mise en page moderne, avec ses notions de marges, de compositions conçues pour faire entrer le spectateur, le lecteur, dans l’ouvrage (voir son Saint-Sébastien).
    A l’entrée de l’exposition, comme un sas, un seul élément visuel, le nom “Mantegna” en caractères géants sur un fond coordonné, semble une preuve de cet engagement.


    Bruno Rives11 novembre, 14:33

  5. D’ailleurs, Matthew Carter a créé son Mantinia en hommage à Mantegna, vers 1992… Comme quoi!


    j f p11 novembre, 20:45

  6. Voilà une information très intéressante que nous ajouterons aux compléments.


    Bruno Rives11 novembre, 21:30



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