Le Typographe

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conférences 12 septembre 08

Retour sur les Rencontres Internationales de Lure 2008

Vue du village. Photo Marion Kadi.

Le thème des Rencontres Internationales de Lure 2008 était l’argent. De l’avis des Lursiens les plus éminents, ce thème était tout à fait inédit. Car, même si l’intitulé exact du thème des R.I.L. 2008 était «Vendu : le contrat graphique», il a bel et bien été question pendant toute cette session (ou presque) d’argenterie, d’aubert, d’avoir, de billets, de blé, de bourse, de braise, de capital, de deniers, d’écus, d’espèces, de ferraille, de finance, de flouze, de fonds, de fortune, de fraîche, de fric, de frusquin, de galette, de grisbi, de métal blanc, de mitraille, de monnaie, de numéraire, d’or, d’oseille, de papier-monnaie, de pécule, de pépètes, de pèze, de picaille, de pognon, de richesse, de ronds, de sous, de trésor, de trésorerie, de viatique.

«J’abonde dans l’instant». Photo Jean-Baptiste Levée.

C’était perceptible tout au long de cette édition : face à l’argent, le plomb se doit d’aller plus loin.
Trois types de signaux, au moins, étaient à l’œuvre, de façon plus ou moins marquée :

  • La nécessité d’affirmer davantage la valeur de la typographie aux yeux du grand public. En effet, le sort réservé à l’Imprimerie Nationale est symptomatique de l’ignorance généralisée des enjeux véritables de la typographie. Une prise de conscience générale s’est fait jour au sein des Lursiens 2008 du caractère prégnant et urgent de la situation. François Richaudeau a lancé, de façon prophétique (espérons-le) l’idée d’une fondation consacrée à la typographie et qui seule saurait donner à l’art de Gutenberg la visibilité et les moyens qu’il mérite.
  • L’avènement d’une nouvelle génération (la génération Postscript ?) représentée par Jean-Baptiste, Jack Usine, la Zone Opaque et votre humble serviteur. Cette génération pourrait se définir comme étant souvent désinvolte, parfois rétrotechnologique, essentiellement nourrie de B-splines quadratiques et fondamentalement accro à la sérendipité cybernétique.
  • L’extraordinaire appel du large. Les Rencontres de Lure ne sont pas un ghetto, ce sont des rencontres, précisément, c’est-à-dire la coexistence dans un lieu (magique) et un temps (forcément trop court) donnés de personnes d’horizons différents. Cette année, la diversité a été fortement encouragée. Un économiste (Dominique Sagot-Duvauroux) est venu parler du marché de l’art contemporain. Rencontres Internationales. Nadine Chahine est venue nous instruire d’exemple au grand art de la typographie arabe. Et le Grand Prix des Rencontres de Lure a été attribué à une graphiste d’origine coréenne.

Exposition «Franck Jalleau, l’esprit du geste». Photo Pauline Nuñez.

Dans ce «fragment d’un paradis» (Giono), il ressort un parfum d’espoir pour l’avenir de la typographie dans un monde aux possibilités étendues, dans un cercle lursien élargi et rajeuni et surtout d’un humanisme en grande passe d’être ressuscité, car nous ne parlions pas tous d’un même pas de la grande chose typographique, mais nous étions tous autant de sujets d’étonnement au sein du grand dessein typographique, dont nous ne finissons pas d’épouser les délicieux contours.

Gérard Blanchard veille sur La Chancellerie. Photo Pauline Nuñez.

Frank Adebiaye


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