Le Typographe

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commentaires 4 décembre 07

Les guerres hermaphrodites

Source : http://www.akhnaton.net/2005/images/Dalpla03.gif

On a longtemps pensé l’hermaphrodisme comme l’origine paisible et unifiée de l’humanité.
Dans l’ordre typographique, il n’en est rien. C’est même l’inverse. L’hermaphrodisme naît sous la plume d’Hermann Zapf au lendemain de la chute de l’Occident extrême et de César allemand. Un ultime corridor de palatin et une quête désespérée d’optimalité.
Le discours graphique Times / Helvetica dit la même chose sans le dire, pragmatisme industriel oblige.
Jean-François Porchez, à la fois Tschichold et Zapf français, cherche à conjuguer classicisme et originalité (y compris dans ce qu’elle peut avoir de plus subversif). Les Anisette et Ambroise sont de sublimes digressions, JFP lutte contre Helvetica avec Parisine, contre Times avec Le Monde Journal et le Monde Livre (au fond, il est vrai qu’on ne sait plus trop si Times est une police d’édition ou de presse), contre Palatino (fracture allemande) avec Sabon Next (ressuscitant par la même Tschichold et le classicisme français «garamondialiste» après le premier essai réussi de Le Monde Livre Classic), contre Optima avec Angie Sans.
Jean-François Porchez peut revendiquer l’invention (ou à tout le moins la réinvention) de la «totale typographie» (G. Blanchard) car il a su avec la famille Le Monde élever l’hermaphrodisme du rang de l’«assortiment» à celui de système typographique.

Le débat JFP / Erik Spiekermann, quel est-il ?
Au départ, les deux protagonistes ont tout pour s’entendre. E. S. est aussi un farouche contempteur d’Helvetica contre laquelle il a dressé l’œuvre de sa vie : Meta, police-système à elle seule, l’Helvetica des années 1990. Mais précisément, seulement des années 1990. Alors E.S. recolle au train de la totale typographie, de l’ultime packaging de l’offre typographique, la solution clé en main, tendance fortement renforcée avec l’avènement de l’OpenType qui n’est ni plus ni moins que la globalisation du marché typographique.

JFP argüe sur la méthode : partir d’un sans serif pour arriver au serif. L’argument n’est de mon point de vue, pas recevable. Considérer le sans comme la majeure du tandem hermaphrodite n’est pas idiot surtout si l’on considère le fait électrotypographique comme incontestable, qui a mis sur un pied d’égalité sans et serif (cf. aussi expérimentations en incises pour du texte long avec le Gauthier au niveau de l’Imprimerie Nationale — http://www.affaire-esperluette.com/polices/polgauthier.htm).

Le vrai sujet, ce n’est pas : faut-il faire de la totale typographie ? mais : quels sont les grands acteurs de la totale typographie aujourd’hui ? Les trois ou quatre acteurs majeurs dans ce domaine sont les suivants : – H. Zapf / A. Kobayashi : Palatino Nova / Aldus Nova / Palatino Sans / Optima Nova ; – Jean-François Porchez : Le Monde Livre / Journal / Courrier / Sans ; – E. Spiekermann : Meta / Meta Serif ; – P. Bilak : Fedra Serif / Sans / Mono.

On voit aussi fleurir des initiatives du côté de StormType (Andulka) et DsType
(Leitura).
Alors, que le meilleur gagne !

Frank Adebiaye

1 commentaires

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    pdgdozjbmac14 décembre, 20:42


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