Le Typographe

Le premier blog et forum sur la typographie en France


livres 10 juin 07

Comprendre la typographie

Vu ce matin en librairie, la traduction du Thinking With Type d’Ellen Lupton, paru chez Pyramyd éditions.

On ne peut que se réjouir de ce nouvel opus en français, rendant la chose typographique accessible aux non-anglophones.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore, ce livre n’est pas un ouvrage exhaustif sur la typographie, mais plutôt conçu comme un guide pratique. C’est un voyage à travers l’histoire des formes typographiques, les créations anciennes ou contemporaines et quelques conseils avisés sur la manipulation de celles-ci.

On apprécira également la plume synthétique, claire et empreinte d’humour d’Ellen Lupton (via une traduction dont j’ai ouï-dire la qualité, à vous de me confirmer), qui rend le livre accessible aux débutants et aux typo les plus confirmés.

Comprendre la typographie
Un guide théorique et pratique pour les graphistes, les auteurs, les éditeurs et les étudiants
Pyramyd éditions
28 €

Pauline Nuñez

1 commentaires

  1. Je veux bien que Stéphane Darricau soit un bon traducteur parce qu’après tout, Guillaume Apollinaire et quelques autres grands auteurs n‘étaient pas forcément des spécialistes des langues sources qu’ils ont pratiqué... Leurs traductions ne sont pas mauvaises. Et effectivement, au moins, Darricau est qualifié pour estimer si les termes typographiques sont bien employés.
    Et puis, s’il emploie à tort et à travers le comme pour calquer un as (à propos de Die Neue Architektur, je lis : « ce livre considéré comme le premier… » ; ah bon ? Pas tout à fait alors le premier… On peut considérer comme (par ex. un parent) quelqu’un qui ne l’est pas (comme si c‘était ma nièce… comme ma nièce) mais de même qu’on nomme quelqu’un dans une fonction (un préfet nommé comme préfet ne peut donc pas être automatiquement préfet, il faudra qu’il attende une véritable nomination) on va considérer premier de son genre (et non comme premier) un objet, un personnage, etc. Mais, que faire quand tous les journaux utilisent des « suite à… » (au lieu d‘à la suite de… car suite au… quoi ? retour vers le futur ?) et que des « comme » en-veux-tu-en-voilà alourdissent pratiquement chaque phrase, ma foi, comment le reprocher à Darricau ?

    En revanche, vous comparerez la légende de la p. 158 et les conseils d’emploi des guillemets anglais de la p. 164 et la mise entre guillemets anglais encore du mot Espace p. 166. Tout guillemet français a été banni de l’ouvrage, c’est au moins un choix cohérent (leur existence est signalée p. 164, car on a dû s‘épargner de censurer Lupton, et p. 165). On observera l’usage de l’italique pour la mise en valeur de mots français, puis, le plus souvent, la mise entre guilles (anglaises, donc) de certains termes, l’absence de passage en italiques pour désigner des caractères (ou glyphes), ainsi dans « les O ronds du Futura », et ce rigolo 1970-1980 de la p. 134 alors qu’il est préconisé un tirer moyen p. 164 pour les périodes temporelles (ou les pages, pp, des ouvrages). Et puis, le mot crénelage (_aliasing_ est employé dans l’ouvrage) n’est pas vraiment très récent. Je l’utilisais déjà vers 1990. Autre chose : bizarre emploi des tirets d’incise p. 68 (deuxième ligne). et même page (dernière ligne), très insolite emploi des parenthèses (toute une phrase débutant, après parenthèse ouvrante, par une capitale, et en bas de la p. 73, un usage un peu déstabilisant de la virgule après le tiret (en fait, un point-virgule eut été mieux venu).

    Je n’ai pas compris non plus la mise en petites caps de l’amorce de la p. 76. Serait-ce la marque d’un nouveau paragraphe ? Même chose p. 134, mais pas p. 132. Pourquoi ? Je trouve gênants ces alinéas en haut de page (redondants), je relève une contre-italisation d’une enseigne (_la boutique_ Boîte à Musique : le système… ; d’ailleurs, pourquoi cette Musique dotée d’une capitale ?), qui est un nom propre comme tant d’autres et non un titre d’ouvrage.

    Ouf, pour une fois, le corps étant petit, dans les compositions en drapeau, on a évité la multiplication des mots (articles notamment) de deux lettres au bout des lignes. Mais un « . Pour » (point final de phrase précédente, début de nouvelle phrase par ce « Pour » en fin de ligne (p. 134), cela fait désordre.

    Je passe sur des trucs comme PDG : cela peut se concevoir, ou il s’agit d’une faute d’inattention; tout à fait excusable.

    Je trouve, au lieu d’un « voir », un cf.. L’abréviation est celle de « comparer avec » et non point « voir » (ou « référez-vous à… ». C’est p. 165, il se peut qu’on puisse en trouver d’autres (je sais : vous pensez peut-être que j’ai scruté ce bouquin, pas du tout, j’ai feuilleté… je suis en bouclage, alors, me taper tout l’ouvrage… hors de question !). Même page, je veux bien que le Guéry soit mentionné en tant qu’ouvrage de référence sur l’orthypo. Mais, généralement, tous les auteurs de tous les ouvrages sont nommément désignés. Pourquoi cette exception pour celui de l’Abrégé (du code typo à l’usage de la presse) ?

    Si on emploie le terme de division, on ne le confond pas avec celui de césure (p. 165), réservé à la poésie. Et je ne suis pas du tout sûr que toutes les espaces précédant les sclams et les points interrogatifs soient, dans l’ouvrage, des fines. Ce qui est préconisé dans cette même page.

    Franchement, dans QXP et ID, vous utilisez, sous Mac, l’option-è (et maj.) pour les guillemets français ? Là, je viens d’essayer (sous Win et ID). Pas parvenu, avec la touche è, à quoi que ce soit sinon à obtenir la marque du paragraphe. J’ai vu cela sur le tableau de la p. 165.

    Bon, je ne sais si Lupton ou Darricau trouve(nt) encore des petits cœurs sur les i des compositions qu’ils reçoivent mais, perso, j’aurais du mal à composer de tels signes au fer à gauche. Même page, un e. e. cummings. Lequel écrivait ou tapait effectivement parfois son nom en bas de casse, mais sans la moindre ponctuation. Afféterie ?

    Pourquoi HTML (ptes caps) et Pao (_a_ et o en ptes caps, P en cap) ?

    Je ne comprends pas les A. et I. en initiales des notes de bas de page (pp. 169, 171). En bas de p. 172, je m’abstiendrai de porter jugement sur l’emploi du Scala corps 7,5 (ouf, virg. et non point pour marquer la décimale), car pas sûr qu’il s’agisse du 7,5.

    Bref (si j’ose écrire), je ne sais si Dominique Védy a disposé d’un temps suffisant pour la correction, si Darricau a pu posément procéder à la relecture finale avant le bon à tirer. Ces quelques petites lacunes n’enlèvent pas tout intérêt à l’ouvrage (qui n’en manque pas) ni au travail, intelligent, d’adaptation de Darricau.

    Mais, bon, traduire, c’est un vrai métier (qui s’aborde après une véritable formation, DESS ou mastère) et correcteur, ma foi, en est un autre qui, pour de tels textes, suppose et une véritable formation et une très longue pratique et la disposition d’un temps suffisant. Que Darricau se soit estimé autorisé à adapter vraiment très, très librement, et surtraduire (voir des exemples originaux en ligne sur http://papress.com/thinkingwithtype/resources/type_advice.htm), considérer que l’auteure puisse écrire que le titre original (nous aurions eu initial ne changeait rien à l’affaire) était Thinking with Type (ah, bon, quel a donc été le titre anglais finalement choisi ?), ce n’est pas forcément criminel. Il y a de bons ajouts. Ce n’est pas un mauvais livre (très loin de là) ni une mauvaise adaptation. Je n’ai pas non plus pris le temps de voir si « bas-de-casse » (p. 122) est devenu ou non « bas de casse » ailleurs au petit bonheur comme, p. 168, on voit cohabiter Bas de Casse (C barré) et BAS-DE-CASSE (en ptes caps). De plus, hormis mes propres (hmm… impropres, parfois) pages, j’ai renoncé à être méticuleux (et encore…) pour celles des autres (rédigées par d’autres). Donc, je ne me sens pas en mesure de récriminer davantage. Mais, bon, quand même : on ne laisse pas Macromedia Flash (p. 132) si on adapte par ailleurs librement. J’estime que ce type d’ouvrage doit pouvoir bénéficier de soins particuliers. Ce type de message aussi, mais, hélas, je suis comme tout le monde (et là, je vais rater mon dernier train…). ;-)


    Jef Tombeur15 juin, 23:35



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