Le premier blog et forum sur la typographie en France
C’est dommage de trouver ce genre d’exemples sur ce qu’il faut faire pour hiérarchiser un texte. C’est plutôt un vrai contre-exemple. C’est le travail d’un graphiste qui ne lit pas le texte, et qui travaille uniquement sur le texte en tant que masse grise.
Comment peut-on oser faire ce commentaire sur le résultat?:
Titre, sous titre et texte libre choix, donnez du relief à un texte en travaillant uniquement sur la typographie. Visuellement, on peut donner des points de repères pour une lecture efficace et dynamique d’un texte.
En effet, le titre et sous-titre sont richement travaillés dans l’Après,
mais qu’en est-il du texte qui, sur fond noir en fer à droite, est carrément pas lisible et n’engage pas la lecture… Et ne parlons pas de la méthode de justification ni des caractères employés.
Qu’en pensez-vous?
— Jean François Porchez
10 commentaires
Whaaa ça tue. On en compte par centaines, ceux qui considèrent le texte comme un gros sac de sucre que l’on verse dans les colonnes jusqu’à ras bord…
¶ Jean-Baptiste Levée — 9 février, 14:15
Je ne savais pas qu’en faux texte latin la double ponctuation collait au dernier mot, comme souvent chez nos amis nord-européens…
¶ FLIP — 9 février, 15:52
et que le point de fin de phrase touche la majuscule suivante… hum…
¶ xavier — 9 février, 16:24
Je pense que la page AVANT est mieux:
la blanc fait vivre le noir, l’occupation de l’espace est plus interressante même si elle est hyper basique. Le raport entre le plein et le vide quoi…c’est grace au vide que je vois le plein,
c‘est un peu le base, en typo, en volume etc… non?
¶ franck — 9 février, 17:54
Pour ma part, ce type d’exercice n’apporte absolument rien de plus à ce texte de labeur. On aurait dû, pour une meilleure compréhension de la démarche utiliser un vrai texte et tenter d’en faire ressortir la spécificité. En tout cas, cet exemple ne m’impressionne pas.
¶ André — 9 février, 23:05
Tiens, retrouvant Éric Brissaud, photographe, ancien d’Actuel (pour un reportage sur les alentours du squat de l’Ump à proximité de l’atelier de Flateurville, de Laurent Godard), ça me rappelle, en plus « policé », pas mal de choses qu’on trouvait aussi dans The International Times. Outre le manque de temps chronique et le sous-équipement (en ressources humaines autant que matérielles) de certaines revues, qui font que des choses qui auraient dû être prévisualisées correctement ne le sont pas, on a d’autres phénomènes gênants. Dont cette fausse idée que, parce que c’est « génial », ce sera lu de toute façon. Pour le texte, comme me le disait David Siegel, alors gourou de l’ergonomie des sites graphiques, « si les contenus les intéressent, ils (les visiteurs) lisent tout ». Ce n’est pas faux dès lors qu’il s’agit de spécialistes d’un domaine, d’infos scientifiques, du blogue-notes de sa dulcinée, &c. Ce qui est effrayant, c’est que des graphistes, auxquels il a peut-être été enseigné que la présentation et l’aspect étaient primordiaux, en viennent à considérer que, peu importe le contenu textuel, le lecteur sera porté à lire le texte. S’il ne s’agit que de lui faire lire des noms de marques pour susciter l’envie d’objets peu techniques (ou techniques mais dont l’aspect doit primer pour déclencher l’acte d’achat, cas de la plupart des contenus de presse actuels), pourquoi pas ?
Mais, là, ce qui me choque le plus, c’est le traitement du titre et du sous-titre… Cela implique des titres du genre « Super ! » et des sous-titres du type « Génial l’Oréal… » (ou n’importe quoi de court, qui claque un peu… pour ne strictement rien dire de réellement informatif). Bien sûr, on ne traitera pas un attrape-publicités (presse pour la jeunesse, féminine, voire magazines d’information, voire Cerveau&Psycho) comme Que Choisir ? ou Pour la Science (qui édite Cerveau&Psycho, par ex.), et les graphistes en sont un minimum conscients. Mais on a parfois l’impression que la culture du visuel dans écoles de journalisme (cours de secrétariat de rédaction et PAO plurisupports) et celle des écoles de graphistes se situeraient aux antipodes. Où avez-vous vu titrer « Titre », où avez-vous vu sous-titrer « Sous-titre » et quel intertitre s’est-il jamais réduit au mot « inter ». En écoles de journalisme, en général, on part du réel, du concret, de cette viande, de cette chair, qu’est un texte informatif. Là, dans ces exercices, on dirait qu’on manie des essences, des fragrances, des fumets, qu’un titre c’est un mot (Opium), voire deux-trois au plus (Air du temps) et un sur-titre ou sous-titre deux au plus (par YSL, Nina Ricci). Tout est sur le flacon, lui seul suffirait à l’ivresse. Cela ne fonctionne pas ainsi.
¶ Jef Tombeur — 12 février, 12:05
Au fait, je ne sais si celui qui a réalisé cet exercice (et celui consistant à employer du cyrillique un peu n’importe comment pour simuler un titre qui, effectivement, ne veut rien dire) est Frank Labille mais, sur le site de Frank Labille, je trouve un truc en Flash qui m’horripile… Il faut perdre son temps à deviner où est l’info en survolant des images, des zones… En général, pas mal de gens cherchant un collaborateur passent très vite au suivant dès lors qu’ils tombent sur ce genre de site.
¶ Jef Tombeur — 12 février, 12:15
Ca fait mal de voir ça. Je me bat toute la journée pour présenter des textes correctement à des services de communications qui veulent reproduirent ce genre d’horreur.
Pourtant j’ai appris et continu d’apprendre seul… l’amour du texte !
¶ lamachine — 14 février, 10:56
Et en fouillant un peu sur le site je tombe sur une référence magnifique :
Lexique des règles typographiques en usage à l’imprimerie nationale (Ed. Broché)
on est chez un vrai pro.
¶ Cobab — 20 février, 12:16
ehehe, elle est bien bonne celle-là. Très bien vu :)
¶ Jean François Porchez — 20 février, 12:53