Le premier blog et forum sur la typographie en France

Grande nouvelle, voici le nouveau logotype Renault, dessiné par Eric de Berranger. L’emblème de la marque a été réalisée au format vectoriel pour faciliter son exploitation, le résultat final est parfait, impeccable. Quand à la typographie (l’ancienne datait de 1972), le choix d’une semi-serif serait le mélange de diverses préférences au département identité-image de chez Renault. Ce logotype fait donc parti d’une nouvelle charte graphique, actuellement en chantier.
13 commentaires
Merci Christophe! Sacrée aventure ça. Débutée en 2001! Projet abandonné à l’époque, Louis Schweitzer ne voulant finalement aucun changement avant son départ de Renault, puis repris récemment, sous l’impulsion d’un département identité-image têtu!
En fait le gros du travail sur le typogramme a été de prendre en compte les avis et demandes de tout le monde. Et surtout, surtout, de faire en sorte que le département du design ne récupère pas le bébé. Ce qu’ils ont tenté à deux reprises. Sans vouloir être méchant, ils n’ont aucune compétence en matière de typo pure (y’a qu’à observer le dessin de pas mal de noms de modèles à la loupe). Ça partait régulièrement en live total. Par exemple j’ai du convaincre qu’un N dont la transversale serait courbe ne convenait pas, qu’un L totalement dépourvu d’empattement non plus, etc. Mais il a tout de même fallu suivre leurs exigences graphiques, leur avis sur l’interlettrage, etc. Bref, faire des concessions pour continuer à garder le plus de “contrôle” sur le dessin. Je trouve le résultat un peu trop consensuel, sans vraiment de grande personnalité. Mais bon, au moins c’est fait!
Pour l’emblème ça a été plus facile. Là pour le coup, une fois mon projet choisi, j’ai été assez libre.
Par contre, et ça peut servir à certains ici, j’ai découvert un sacré bug dans Illustrator (de la version 8 à la CS). Je vais essayer d’être clair! Illustrator gère très bien les transparences, les dégradés de couleurs en CMJN. Ça flashe impéc! Par contre, dès qu’on refait la même manip avec des Pantones (2 dans le cas de l’emblème bichro), rien ne va plus! Un simple dégradé d’un ton Pantone à un autre est mal interprété lors du flashage. Je ne parle même pas des transparences. Alors qu’en quadri tout va bien. Pourtant le principe est strictement le même, voire plus compliqué en CMJN puisque 4 couches à gérer contre 2 avec les deux Pantones utilisés dans la version bichromie. Bref, tout effet un peu compliqué avec des tons Pantones, faut être prudent! Ça m’a valu une semaine de recherche chez mon photograveur, pour débusquer ce qui n’allait pas et comment détourner le problème en restant aussi fidèle que possible à l’emblème quadri. Il a tout de même fallu bien appauvrir le dessin, faire une croix sur pas mal d’effets, etc. Le résultat final du logo 2 couleurs n’est donc pas celui exposé sur mon site, les soucis de flashages ayant été découverts que plus tard.
Dernière chose, quelqu’un s’y connait un peu en droits d’auteurs ici?
¶ Éric de B. — 2 août, 12:30
Bravo pour le boulot !
J’adore la version déstructurée du logo sur ton site…
Est-ce qu’une typo complète est au programme,
pour la suite, ou seul le typogramme est revu ?
Pour ton problème de photogravure,
pour ma part, en bichro avant flaschage (ou CTP)
je repasse tout en magenta et noir (1er pantone = magenta, second = noir) en indiquant les pantone correspondant pour l’impression, (les plaques sont les mêmes). Jamais eu de problème ainsi…
¶ François Moissette — 2 août, 20:33
> Bravo pour le boulot !
Merci ;o)
> J’adore la version déstructurée du logo sur ton
> site…
Chaque élément a été dessiné séparément sur Fontographer! Gage d’exactitude de dessin, de superpositions parfaites, etc. La casse du “a” correspondait au fond, celle du “b” à la base du losange, celle du “c” à une face du losange, celle du “n” à tel ou tel reflet… Après, tout n’a été qu’histoire de filtres et de réglages de teintes sous Illustrator. De toute façon, il n’y a que dans un logiciel typo que j’arrive à manier les courbes de Bézier avec plaisir…
> Est-ce qu’une typo complète est au programme,
> pour la suite, ou seul le typogramme est revu ?
Une fonte est prévue. Mais Publicis, commanditaire de celle-ci, n’avait pas pu obtenir mon nom chez Renault. En fait ces derniers ne voulaient pas entendre parler de ça pour d’obscures raisons trop longues à expliquer ici. Pile à ce moment là j’arrivais chez Publicis pour superviser la nouvelle charte publicitaire de la marque. Ils ont finalement appelé un tout jeune typographe, pas très connu encore, mais à mon avis certain d’un bel avenir ;o))))))
D’après ce que je sais il se chargera que de décliner le reste des capitales plus quelques signes de ponctuation… Dommage que ça s’arrête là.
> Pour ton problème de photogravure…
J’y ai aussi pensé. Mais chez Renault, on trouvait ça casse gueule. Sachant que l’emblème va être envoyé dans plusieurs pays, ils craignaient pas mal d’erreurs de compréhension de la manip… Donc il a fallu résoudre le problème de manière à ce que ça soit flashable partout et par n’importe qui… Tant pis, cette version ne concernera logiquement que l’impression de la papeterie. Et en si petit, ça passe bien.
¶ Éric de B. — 2 août, 21:38
Pour tes histoires de droits d’auteurs, tout dépend de ton bon de commande de départ.
Si tu n’as pas spécifié des utilisations précises, par défaut le logo est dessiné pour toutes utilisations. Mais pas forcément pour l’internationale.
Si jamais tu as d’autres questions plus précises saches que l’alliance française des designers (le syndicat français des designers toutes disciplines confondues) disposent d’avocats spécialisés dans le droit d’auteur.
Mais comme je l’ai dit il faut que tu est un bon de commande ou un devis signé avec des utilisations précises. C’est sur ce document que l’on peut s’appuyer pour attaquer (ou faire défendre ses droits). Il faut aussi qu’il soit rédigé de façon précise avec si possible des références au code de la propriété intellectuelle (l’A.F.D. dispose d’une méthodo pour faire un devis nickel, mais bon pour celui-ci se sera rappé).
Après coup même si tu restes entièrement le propriètaire du logo que tu as dessiné (les agences/la marque n’ont pas le droit de le modifier sans ton accord. Si il y a modification tu peux les attaquer), il est très difficile de récupérer des droits rétroactivement :-(
Saches enfin que le droits français en question de droits d’auteurs est le meilleur au monde (pour l’auteur). L’Europe vient de l’adopter au dépend du copyright américain (ouf !). Donc rien n’est jamais perdu.
Voilà en gros une petite intro sur le droit d’auteur en vrac :-)
¶ julien — 3 août, 17:20
Merci Julien!
En fait, s’ils m’ont bien versé des droits pour la version vectorielle de l’emblème (qui n’était pourtant qu’une réadaptation), ils ne m’ont rien filé pour le typogramme… J’ai facturé le boulot, mais ils n’ont pas voulu entendre parler de droits d’auteur. Par totale ignorance j’espère. Logiquement, il est donc toujours à moi ce truc. Et sur un logo aussi diffusé que celui-ci, ben ça fait râler… Adieu plages de sable blanc, berlines de luxe, tahitiennes parées de colliers de fleurs, avions privés, champagne à volonté à l’arrière de mon 18 mètres, petits œufs de poisson succulants, Rolex, drogue…
Je rigole ;o)
Mais bon je ne sais pas bien comment leur mettre la pression. Et ce que tu me dis sur la difficulté à réclamer quoi que ce soit rétroactivement ne m’inspire pas confiance…
¶ Éric de B. — 3 août, 21:06
Il faut faire une fonte en partant du logotype et la commercialiser!!
¶ Georges Plumet — 3 août, 23:03
Quelques autres commentaires sont apparus également sur un forum Praktika. Ce qui est marrant avec ce genre de choses, c’est que les suppositions sur les sommes en jeu et les moyens semblent toujours aussi irréalistes.
Enfin, j’imagine qu’on en saura plus avec les vraies applications dans quelques mois. Et là on pourra critiquer à loisir.
Bravo à Eric en tout cas.
¶ Jean F Porchez — 4 août, 11:42
euh… essaye quand même on ne sait jamais. Si tu as le vieux bouquin du SNG, il y a dedans un paragraphe qui explique comment facturer le droit d’auteur en fonction de la diffusion et ce calcul s’appuie sur le code la propriété intellectuelle, article de loi à l’appui. C’est très didactique comme calcul et ça les mettrait face au mur tout en leur faisant réaliser que le droit, ben mon bon monsieur, ça s’paye !
tiens, je l’ai retrouvé dans un vieux fichier :-)
droits d’auteurs
Les droits d’auteurs relatifs à l’exploitation sont régis par le code de la propriété intellectuelle
du 1er juillet 1992. Ils se calculent en fonction du nombre d’exemplaires imprimés. Selon l’article
L. 131-4 du code de la propriété intellectuelle, les droits de reproduire des créations peuvent être cédés de manière forfaitaire ou proportionnelle à la diffusion.
Suivant la tranche dans laquelle le tirage se situe, on applique au poste “a” (recherches graphiques et premiers projets) le pourcentage correspondant :
de 0 à 5 000 ex. 10%
de 5 001 à 10 000 ex. 20 %
de 10 001 à 20 000 ex. 25 %
de 20 001 à 100 000 ex. 40 %
plus de 100 001 ex. 60 %
Ce pourcentage est applicable pour une utilisation nationale. Il varie pour une utilisation
internationale. Chaque adaptation différente de l’œuvre originale fait l’objet d’une cession spécifique de droits d’auteur. En cas de réédition, le montant des droits se calcule sur la même base.
le pourcentage ce calcul uniquement avec le poste créa de ton devis, pas le poste d’éxé. (pour une histoire de taxe, je crois… boulot à 5,5% > droits d’auteurs applicables car créa. Boulot à 19,6% n’est pas considéré comme de la créa par les impôts).
De plus si tu arrives à te faire payer fait passer ça sur une note d’honoraire classique que tu intitules par exemple “complément de aiement pour la créa du logo” car si ton client déclare ce paiement comme du droits d’auteurs (ça arrive rarement, mais c’est arrivé…) les impôts risque de te réclamer 25% en plus sur cette somme. Car le droits d’auteur est en théorie taxé à 25%. gloups :-(
¶ julien — 4 août, 13:23
Pas certain pour un logo livré en numérique—mais les cessions de droits pour oeuvres numériques, ça reste à 19,6%.
C’est en tous cas le cas pour les fontes lorsqu’il s’agit de licences d’usage, pas de cession “unique.”
La tva à 5,5 c’est pour des oeuvres uniques (tableaux, dessins, etc) , dès qu’il s’agit de numérique (typiquement le travail courant de graphistes aujourd’hui travaillant sur un ordinateur), copiable à volonté, c’est différent et très flou.
(Tout ce qui est dit ici ne peut pas être considéré comme des conseils de juristes).
¶ Jean F Porchez — 4 août, 14:14
“Tout ce qui est dit ici ne peut pas être considéré comme des conseils de juristes”
tout à fait, attention je Éric suis designer graphique… donc je peux dire des bétises. Mieux vaux tout vérifier avant de faire des malheurs aux grosses agences :-)
¶ julien — 4 août, 16:42
> La tva à 5,5 c’est pour des oeuvres uniques
> (tableaux, dessins, etc) , dès qu’il s’agit de
> numérique (typiquement le travail courant de
> graphistes aujourd’hui travaillant sur un
> ordinateur), copiable à volonté, c’est différent et
> très flou.
Il y a quelques mois, m’a demandé de justifier ma facturation à 5,5%.
Comme tu le dis Jean-François, c’est très flou! Je me rappelle, en 3e année à l’ECV, un gars du SNG était venu nous expliquer que la facturation à 5,5% ne devait concerner que de la “conception d’œuvres de l’esprit” non destinées à l’industrialisation. Pas de réalisation, d’exé, etc. Au début de mon activité j’avais pris RDV avec une dame des impôts. Je lui avais posé la question et elle n’avait rien trouvé à redire sur ma facturation à 5,5%. Bref, je ne me suis jamais plus posé la question, mon travail étant de la création “d’œuvres de l’esprit” non destinées à l’industrialisation: une agence me demande de lui créer un logo. Je le fais. Je lui livre une “œuvre” unique. C’est ensuite elle qui vendra ce logo à des fins de diffusion, industrialisation. Et donc à 19,6%.
Depuis les questions de mon inspecteur, que j’ai réussi à convaincre, j’aimerais passer à 19,6% pour être peinard et pour accepter des travaux d’exé s’il y a lieu. Mais là aussi, difficile. Pas mal de gens se sont fait redresser suite à un passage de 5,5 à 19,6! Bref, actuellement, c’est un sujet qui me préoccupe grandement!
Je trouve quand même qu’on devrait être informés de l’importance de ce sujet. Malgré ce que nous avait dit le gars du SNG et mon RDV aux impôts, je suis pourtant à peu près sûr que cette histoire de 5,5% n’est pas très claire… Les textes sont interpetables à souhait, la notion d’œuvre de l’esprit étant si floue.
¶ Éric de B — 5 août, 14:57
j’ai rien a dire sur les droits d’auteurs, désolé, j’y connais rien!
Quand au logo, c’est une belle surprise, surtout pour le typogramme. Les emplois du logo dans les extraits de charte graphique visibles sur ton site sont bien foutus.
Le typogramme (je viens d’apprendre ce mot!) fait tres Renault, je sais pas pourquoi, on reconnait bien la marque, et puis apres on compare avec l’ancien et la, ca n’a rien a voir, c’est dingue !
Comme dit Georges Plumet, t’as plus qu’a proposer la declinaison en fonte, du light a l’X-black en passant par les ital, les alternates, les sc, les swash, les LF, TF… et j’en oublie… Tu fais une graisse ou 2 pour commencer et tu proposes ca a Renault. Ca te permettra peut etre pas de sniffer du caviar a l’arriere de ta Rolls mais ca fera oublier les royalties du logo…;-)
¶ xavier — 5 août, 15:45
> Le typogramme (je viens d’apprendre ce mot!) fait
> tres Renault, je sais pas pourquoi, on reconnait
> bien la marque, et puis apres on compare avec
> l’ancien et la, ca n’a rien a voir, c’est dingue !
Déjà je pense qu’on a ce mot dans l’œil en France. Tu écris RENAULT en caps et dans un caractère gras au rapport pleins et déliés contrasté et je pense que ça fera un peu le même effet.
Ensuite j’ai quand même bossé sur le rapport pleins et déliés pour qu’on retrouve un peu du rythme de l’ancien logo, des masses approchantes, etc. Renault ne souhaitait pas de fracture totale avec l’ancien. Juste un sévère “restyling”.
> Comme dit Georges Plumet, t’as plus qu’a
> proposer la declinaison en fonte, du light a
> l’X-black en passant par les ital, les alternates, les
> sc, les swash, les LF, TF… et j’en oublie… Tu fais
> une graisse ou 2 pour commencer et tu proposes
> ca a Renault.
C’est mal barré vu que eux même ne désiraient pas de police “corporate”. Je crois même que la fonte par défaut de la boîte sera un Verdana ou autre. Ils y viendront peut-être… Mais c’est une idée de toute façon ;o)
¶ Éric de B — 6 août, 15:03