Le Typographe

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fontes 26 août 2010

AW Conqueror de Jean François Porchez

Conqueror s’associe à Typofonderie pour fêter la sortie du nouveau papier éco-responsable Bambou. À cette occasion la marque distribue gracieusement une famille de cinq caractères déssinée par Jean François Porchez. Il suffit de remplir un formulaire pour obtenir gratuitement le précieux sésame. (ici)

Le Sans sert de référence à l’ensemble de la famille qui conserve sa chasse et laisse présager d’intéressants jeux graphiques.

Des sources internes au dossier m’ont informé que la fratrie rentrerait dans le giron typofondriesque d’ici 2 ans (durée de la licence exclusive) et que celle-ci serait ensuite finalisée.

Profitons donc de cette généreuse initiative pour voir ce qui nous attend.

Voici quelques infos tirées du communiqué de presse.

AW CONQUEROR SANS

Le AW Conqueror Sans s’inspire des fontes utilisées en Europe pendant l’entre-deux-guerres. De type linéale géométrique, il évoque à la fois l’esprit du Bauhaus et de la période des Arts-déco. Le AW Conqueror Sans est un caractère contemporain sans empattements ; le point de référence de l’ensemble de la famille de caractères. Vos textes peuvent être composés dans les différentes versions sans influence sur la chasse globale. Le AW Conqueror Sans se pare également de capitales ornées, formes habituellement associées aux italiques de la Renaissance.

AW CONQUEROR DIDOT

Le AW Conqueror Didot ne s’inspire pas des caractères créés par la dynastie Didot au début du XIXe siècle, mais plutôt des interprétations spectaculaires apparues dans les années 1960 et 1970. Ces deux décennies voient l’émergence de compositions typographiques employant des caractères à fort contraste en très grand corps, notamment dans la publicité et l’édition. Cette nouvelle fonte fait référence à l’âge d’or des caractères en planche transfert et à Herb Lubalin, typographe passé maître dans l’art du titrage « Hight but not touching », c’est-à-dire en approches serrées sans chevauchements.

AW CONQUEROR INLINE

De nombreux caractères de titrage ont fait leur apparition au début du XXe siècle, notamment les Acier et Bifur, tous deux créés par l’affichiste français Cassandre. Plus tard, aux Pays-Bas, S.H. De Roos conçoit pour sa famille de caractères Nobel une déclinaison éclairée logiquement baptisée Nobel Inline. Le AW Conqueror Inline rend hommage à cette belle création.

AW CONQUEROR SLAB

Le AW Conqueror Slab est une déclinaison du AW Conqueror Sans dans un esprit Mécane Géométrique très connoté années 1930, dont le Rockwell en est un parfait exemple. Dans les années 1970, le genre est relancé par le Lubalin Graph alors que la mode est au caractère Avant Garde. Le AW Conqueror Slab incarne à merveille le come-back réussi des « slabs » dans l’univers du design graphique au cours des dernières années.

AW CONQUEROR CARVED

Cette fonte caractérise parfaitement le style de lettrages en vogue durant le XIXe siècle employés pour les frontispices des livres.
Il n’était pas rare de retrouver des caractères à effets relief sur des boîtes et autres emballages de l’époque.

À noter que Conqueror distribue aussi un caractère chinois/japonnais dessiné par The Beijing Founder Electronics Company. Quand on connait la difficulté de travailler avec des fontes de qualité au «Pays du Milieu», on ne peut que saluer l’initiative. Néanmoins, petit bémol, la partie caractères latins est toujours aussi catastrophique (Les sinogrammes sont très souvent associés à des caractères latins issus de la même fonte).

FZXiDengXian par The Beijing Founder Electronics Company

La conception de la campagne a été conduite par l’agence parisienne Reflex Image. Quelques unes de ses créations ci-après.

AW Conqueror

AW Conqueror

AW Conqueror

AW Conqueror

AW Conqueror Par Typofonderie
Téléchargement gratuit durant 2 ans.

Jérémie Baboukhian

13 commentaires

  1. Frank ADEBIAYE527 jours auparavant

    C’est une excellente nouvelle, tant pour la typographie française que pour les graphistes de tout poil. C’est une belle et noble façon pour Conqueror de faire du marketing.

    Le Didot, en particulier, est absolument remarquable.

    VTF Mainz, feat. AW Conqueror Didot

  2. Igelman — 527 jours auparavant

    Le Aw Conquéror vous a-t-il conquis? Il s’agit d’une intéressante variation de styles à partir d’un même squelette. Le concept se rapproche de l’History de Typothèque, mais avec une innovation dans le registre des bas de casse, ce qui me semble être une première. La notion de “famille typographique” est désormais très mouvante, pouvant être redéfinie à partir d’une échelle cursive (Verlomme, Rigaud,…) historique (Typothèque, PTF, …) ou expérimentale. Le Aw Conquéror nous permet de revisiter une partie relativement récente de l’histoire, 19e et 20e., à travers des alternates baroques issus de la calligraphie. Le tout en cadeau Bonux. Elle est pas belle la vie?

  3. Davidikus527 jours auparavant

    C’est une excellente initiative. Les fontes permettent aux graphistes de sortir des sentiers battus avec des fontes au jeu limité mais de très haute facture, en attendant que les familles soient développées et commercialisées (j’espère que ma licence gratuite n’expirera pas à ce moment-là).
    J’aime beaucoup l’idée de jouer sur une seule châsse commune à toutes les fontes et l’architecture des lettres communes au Didot et au Sans (un exploit : notamment le y) !
    J’espère avoir bientôt l’occasion d’utiliser ces fontes ! J’ai déjà passé des heures, dont plusieurs nuits que j’aurai pu utiliser autrement, à les tester. Le Didot est plus difficile à utiliser que le reste des fontes mais il s’apprivoise quand même.

  4. Diego Garrido 526 jours auparavant

    Excelente idea

  5. /C — 526 jours auparavant

    Très grosse inspiration de Bilak inavouée, tout de même…

  6. Yohanna — 526 jours auparavant

    Je dirais même trop grosse. C’est dommage. Un projet aussi bien réalisé et abouti aurait pu aller, stylistiquement, au-delà du déjà-vu.

  7. Jean-Christophe526 jours auparavant

    Ce n’est pas la première fois qu’Arjowiggins fait la promo de ces papiers en proposant des fontes (la dernière fois c‘était l’Inuit de Jeremy Tankard).
    Je trouve excellente l’idée de faire d’une fonte un support promotionnel.

  8. j f p526 jours auparavant

    Merci pour cet article Jérémie. Il semble que le caractère AW Conqueror soit déjà énormément téléchargé, et de nombreuses personnes en parlent sur Twitter. C’est un succès en soit pour Conqueror. Je rappelle pour ceux qui n‘étaient pas à ma conférence durant le TypeCon 2010, que le brief de départ était de concevoir une série de fontes dans différents styles, Garamond, Baskerville, Didot, Mécane, Linéale. Alors forcément avec ce type de brief, il est difficile de répondre avec un xième Helvetica.

    J’ai choisi de réduire le champ à quelques types très différents mais utilisables en contraste. Le tout avec des spécificités propres à chaque déclinaison. Le but était de créer un suite de caractères destinés au titrage, facile à utiliser à la fois pour les amateurs comme les pros.

    La typographie est basée sur l’histoire et les références sont fortes, les miennes sont indiquées et valorisées dans les petits textes simples que j’ai écrit pour Conqueror. Néanmoins, Nicolette Gray reste une influence majeure.

    — Nicolette Gray, XIXth Century Ornamented Types and Title Pages (1938).

    Certains d’entre-vous ici, disent que le Conqueror fait penser à l’History (2008?) de mon confrère Peter Bilak. Pourquoi pas, vous y voyez ce que vous connaissez, comme en musique lorsqu’un nouvel artiste émerge, les références arrivent vite. Voici une petite de séries de fontes qui pourraient être des références:

    Walker par Matthew Carter, 1995 (J’ai d’ailleurs fait référence à son travail durant ma conférence, il m’a salué en retour!).

    Scala Jewels par Martin Majoor, 1996. (Martin m’a donné un petit spécimen de ces séries de capitales en 1996, certains le connaissent).

    Numbers, H&FJ, 2006?

    Shades, H&FJ, 2007?

    La réalité est un peu différente, car surtout basée sur une réponse à une demande d’un client, Reflex Image en l’occurrence. Ajouté à cela: U&lc, Herb Lubalin et les compositions des 60-70’s. Et Mathieu Réguer, mon assistant pour ce projet qui a fait de l’excellent travail. Sans cela, rien n’aurait été possible.

  9. Antoine — 526 jours auparavant

    La licence est pour le moins absconse! #4.1:
    Making up, having made up or giving permission to make up derivatives of the typeface and its components, or making typefaces with resemblance to the typeface package and its components in any form whatsoever is strictly forbidden and renders the counterfeiter legally liable.

    > Ce qui veut dire: faire une typo ressemblante est interdit!?

  10. xavier526 jours auparavant

    C’est un bel ensemble tres bien realise et hyper fonctionnel.

    J’imagine que le but de la manoeuvre pour AW, c’est de recolter un fichier de graphistes-clients potentiels. En esperant qu’ils ne revendront pas a des tiers les donnees. Je me mefie toujours des cadeaux…

    Les superpositions de fontes ont ete faite bien avant P. Bilak… je pense notamment a un autre caractere offert par un autre papetier, Aussedat Rey il y a une 15ne d’annees, il s’agissait d’un Joanna retravaille en plusieurs fontes par le groupe Theresetroika. On peut donc superposer des fontes sans pour autant etre taxe de plagiaire…

  11. Jérémie Baboukhian526 jours auparavant

    Personellement je trouve le concept de mélanger les formes
    historiques vraiment passionnant. Je n’ai pas fais de commentaire dans mon post dans ce sens car je n’ai pas encore eu le temps de l‘éprouver.

    En faite, j’ai l’impression que la critique d’un caractères se résume trop souvent à une approche formelle du dessin ce qui à mon avis est extrêmement réducteur . Pour moi un caractère prend son sens lorsqu’il est mit en pratique dans une texte ou une composition.

    Dans le cas présent il me semble que cette remarque fait particulièrement sens. Car mélanger des formes historiques n’est pas choses aisés surtout si l’on souhaite sortir d’un simple effet illustratif.

    Lors de nos échanges avec JFP j’ai soulevé cette relative parenté avec le projet History mais sincèrement à part au niveau conceptuel, l’execution n’a pas grand chose à voir. non?

    Pour ma part en tout cas je trouve le travaille sur le Sans et le Didot captivant. Et dans un autre registre le Carved me fait bien délirer. En petit la version Regular créé une vibration assez attirante.

    «all the old fellows stole our best idea»
    Frederic W. Goudy

  12. thomas gravemaker — 524 jours auparavant

    Jérémie, une petite précision.
    Cassandre : Bifur en 1929, Acier en 1936
    De Roos (avec 2 ‘o’s) : Nobel Inline en 1929

    Les fonderies de caractères en Europe (et aux États-Unis) regardaient ce que le concurrent sortait et adaptaient très vite leurs propre catalogue. Les fonderies allemandes étaient le plus souvent copiées. En plus, ils vendaient également des matrices. La société Deberny et Peignot fondait l’Europe avec des matrices du Futura, achetés en Allemagne.

  13. Jérémie Baboukhian523 jours auparavant

    Merci c’est corrigé



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