Le Typographe

Le premier blog et forum sur la typographie en France


fontes 28 octobre 09

JB Scolaire par Jean Boyault

Jean Boyault, instituteur et typographe amateur présente ici une série de fontes destinées à l’apprentissage de l‘écriture dans les écoles françaises.

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Les fontes JB Scolaire cherchent à se rapprocher le plus possible de l‘écriture à la plume et à l’encre violette d’autrefois. Les proportions des lettres sont celles qu’exige le Séyès. Les pleins et déliés s’imposent.
Dans JB Scolaire t2, ils sont plus accentués que dans JB Scolaire t1.
Une des difficultés de réalisation est due à la nécessité de varier les caractères, notamment leur attaque ;
les deux r de arbre par exemple doivent avoir une forme différente puisque le premier a une attaque basse avec le a et le second une haute avec le b. Pour cela, grâce aux propriétés OpenType, de nombreuses ligatures sont utilisées. Jean Boyault

Une présentation est disponible au format PDF

JB Scolaire T1 et T2 sont distribués en ligne par ainsifont
120 € la famille complète au format OpenType/TrueType. 240 € à partir de décembre 2009.

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Sébastien Delobel

15 commentaires

  1. Même si je comprend le travail accompli, ayant été président du jury de l‘éducation nationale pour un nouveau modèle d’apprentissage d‘écriture, je trouve les exemples de JB pas réellement intéressants, et particulièrement mal construits. Nous sommes là, arrivés à un point ou sans exemples du ministère depuis 30 ans, les profs font se qu’ils veulent et détruisent peu à peu les références …oubliées. La faute à l‘état surtout qui ne comprend pas l’enjeu de bonnes références en matière de bons modèles d’apprentissage. C’est aussi un peu à cause de ça, que l’orthographe est plus dur pour nos enfants, qui souvent n’arrivent déjà pas à former des signes écrits avec aisance. Quel ministre se réveillera?

    Les profs et les initiatives comme celle-ci doivent être encouragées même si imparfaites.


    j f p28 octobre, 19:59

  2. Voici l’illustration parfaite de ce qui pourrait bien être la raison pour laquelle nos enfants ne savent plus écrire.
    Cette calligraphie Anglaise ne doit plus être enseignée en primaire. Cette écriture n’a de sens que tracée à la plume, avec des pleins et des déliés. Aujourd’hui, avec le stylo-bille et le feutre il est impossible d‘écrire l’anglaise élégamment.
    Regardez comment les enfants américains apprennent à écrire. Ils utilisent une script très simple et élégante basée sur une linéale. La preuve de la réussite de cette apprentissage est que la plupart des adultes ont la même écriture. Ils n’ont pas, comme nous, perdu de temps à l’oublier et en réinventer une propre. Qui d’entre-nous, en France, écrit encore de la manière qu’il a appris à l‘école ? Personne.
    L’anglaise est obsolète et fait perdre un temps précieux aux enfants. Elle ne ressemble pas à ce qu’il vont avoir à déchiffrer dans la vie. En majuscule, le E, le Q, le T ne sont commune à aucune autre police de caractère courante. En d’autres termes, il ne rencontreront plus jamais ce qu’il ont appris. Encore une perte de temps.
    Que les lettres soient liées entre elles peut aussi être un puissant frein à l’apprentissage. Il faut déchiffrer, identifier, se tromper dans le nombre de jambes, etc. Pourquoi ne pas les laisser, plus tard, lier les lettres entre elles pour écrire plus vite s’il le souhaitent ?
    Cette perte de temps dans l’apprentissage de la lecture et de l‘écriture est probablement due à ce conservatisme. Jetons cette Anglaise à la poubelle. Gardons-la pour les faire-part de mariage et nos enfants gagneront peut-être un an dans leur apprentissage.

    Quant à Monsieur Boyault, sa police est la preuve de ce que j’avance ci-dessus.
    Les jambages se chevauchent tant qu’il n’est pas possible de l’utiliser dans les cahiers scolaire. (Dans l’exemple l’interlignage est bien trop grand et pourtant loin d‘être suffisant pour une bonne lisibilité.) Les ligatures des p, des s, des y sont franchement à revoir. Enfin bref, pourquoi avoir tenté (de mémoire apparemment) de retranscrire en le déformant l’anglaise que vous avez apprise, alors que des fontes de bonne qualité existent déjà ? (Shelley, Edwardian script, Sonata pro, Palace script, etc?)


    Fromage — 28 octobre, 21:58

  3. C’est marrant mais même du côté des fontes d‘écolier, j’ai vu mieux. Après, je souscris a priori à ce qui a été dit par des gens plus experts que moi : c’est l‘évidence même, on n‘écrit pas en 2009 comme 1949 parce que les outils ont changé etc. Je ne sais pas pour vous, mais mon écriture change en partie, en fonction de l’instrument que j’utilise. Par contre, le fait que les Américains gardent la même écriture me paraît probablement lié à des questions différentes : notamment un plus faible individualisme qu’en France. Il y a pas mal de littérature sociologique là-dessus


    yarkout — 29 octobre, 11:29

  4. 100% d’accord avec les commentaires ci-dessus.


    j f p29 octobre, 11:45

  5. J’oubliais de dire quelque chose : où peut-on voir le rapport commandé à la commission Porchez sur la réforme de l‘écriture ?


    yarkout — 29 octobre, 23:15

  6. http://www.gutenberg.eu.org/pub/GUTenberg/publicationsPDF/46-tombeur-apprentissage.pdf

    :-)

    Ce n’est pas exactement ça, mais au moins, il y a un aperçu des deux fontes lauréates à la fin de l’article.


    JBmorizot — 30 octobre, 11:49

  7. Petit ajout : moi aussi j’aurais préféré apprendre avec une jolie script qui aurait stabilisée mon côté brouillon, car à trop vouloir bien faire, je raturais tout ce qui était mal tracé (et mal ça l‘était). En fait, comme beaucoup de monde j’ai dû trouver tout seul et en tâtonnant comment écrire en script pour aller plus vite et réussir à prendre des notes. Apprendre le script est une solution plus rationnelle compte tenu de la technologie et du monde d’aujourd’hui.


    JBmorizot — 30 octobre, 11:57

  8. Le travail de Gunnlaugur Briem sur l‘écriture et l’apprentissage est très intéressant : http://briem.net/


    thomas gravemaker — 30 octobre, 13:15

  9. Merci pour le lien. Je vais lire l’article la tête reposée. En le parcourant, je note que les polices « Seyès » sont mieux que celles qui sont le sujet de cet article.

    Quant au petit ajout : en Angleterre, on considère qu’il est trop difficile d’apprendre d’emblée les lettres jointes et qu’il faut passer par le script. Je suis sceptique.
    Il me semble qu’il y a deux problèmes distincts : le premier est celui de l’adaptation des formes aux outils actuels (et pour cela je souscris aux conclusions de l’article, même si je ne les ai que survolées) ; le deuxième est celui de la capacité d’apprentissage des enfants (et là, je me demande si on en sait assez – mais cela dépasse notre domaine : il faut travailler en collaboration étroite avec des psychologues expérimentaux pour arriver à des résultats probants).

    Ceci dit, le problème essentiel du script pour moi, c’est que les lettres disjointes ne forment pas toujours des mots, qui ne forment pas toujours des phrases, qui ne forment pas toujours des paragraphes. Quand je lis certains de mes collègues de travail, il faut faire un effort pour recomposer le mot. L’espace entre certains caractères est tel que les lettres semblent réparties au hasard: « thatis very in teresting ».

    C’est évidemment lié à d’autres phénomènes que le choix du script : l’accent tonique, par exemple (il semblerait qu’instinctivement la syllabe portant l’accent soit détachée) ; le fait que l’ellipse est plus courante ou que les mots changent de forme en en incorporant d’autres (par exemple: « I’ve »; « bigger » v. « plus grand », « Jack’s whiskey ») ; le fait que pendant longtemps les Anglais n’ont pas eu de cours d’orthographe ou de grammaire (et même de nos jours, ils en ont très peu – si on ne m’avait pas dit que « Ca y est » ne s‘écrit pas « sayez », je n’aurais sans doute jamais fait le lien avec le verbe être : pareil pour les Anglais qui écrivent « though » pour « through » pour « thought », « they’re » pour « there », pour « their ») ; le fait qu’en Anglais plusieurs systèmes de graphie / translittération existent simultanément et de façon incohérente (« th » peut venir du grec ou de l’ancien anglais…) etc.

    Il ne faut donc pas tout mettre sur le dos du script mais le script me paraît une solution qui a de très nettes limites.


    yarkout — 30 octobre, 13:23

  10. Moi j’aime bien l’alphabet de Marion Andrews, proche du script mais attaché. Sinon, le Père castor de Mendoza est intéressant, sorte d’anglaise simplifié, avec des capitales romaines.

    Quant à l’apprentissage des enfants, on peut en tout cas tenir pour sûr qu’il vaut mieux avoir intégré les formes que recopier parfaitement celles-ci sans les maîtriser. Je pense qu’en apprenant une script simple et élégante, la Gestalt des lettres est mieux ancrée (pour une reproduction dans l‘écriture et une identification lors de la lecture) qu’avec la reproduction de l’anglaise.
    Mais je souscris mille fois au besoin de conserver les lettres attachées, pour les raisons évoquées.


    JBmorizot — 30 octobre, 13:46

  11. Bonjour,
    Je suis le créateur de ces fontes et je lis avec étonnement les commentaires ci-dessus.
    Le typographe présente ces fontes comme “destinées à l’apprentissage de l‘écriture dans les écoles françaises”.
    D’où tient-il ces informations ? – Pas de moi ni de ainsifont.com.
    Je les présente comme une imitation de l‘écriture d’autrefois ce qui n’est pas du tout la même chose.
    Je suis amateur, j’ai fait ces fontes par loisir, donc je comprends tout à fait que ces fontes soient de mauvaises imitations, critiquables et pleines de défauts. Malgré tout, je suis surpris que des personnes avisées y accordent quelque importance et y perdent leur temps.
    Je suis aussi instituteur – plutôt j‘étais car je n’ai plus d‘élèves. Je suis bien placé pour connaître les difficultés de l’enseignement de l‘écriture comme le peu d’aide que nous avons. Je sais aussi combien c’est un “sujet sensible” et combien de “vérités” sont annoncées sans preuves.
    Ce blog s’oriente vers l’enseignement de l‘écriture. Si l’on oublie que mes fontes sont “l’illustration parfaite de ce qui pourrait bien être la raison pour laquelle nos enfants ne savent plus écrire.” (Fromage), il pourra avoir de l’intérêt à quelques conditions : – qu’il se fasse dans la sérénité ; – que toutes les parties soient représentées (l‘échec de la commission Porchez est sans doute dû au fait que ces fontes ne sont jamais arrivées dans les écoles) ; – que les gens du métier (typographes…) soient au courant de ce qui se passe dans les écoles. Leurs souvenirs d‘écolier sont-ils meilleurs que les miens ?

    NB : une des pistes intéressantes pour l’enseignement de l‘écriture est présentée par Danièle Dumont (Le geste d‘écrire).
    NB2 : une des dernières fois où les gens “du métier” se sont intéressés aux affaires scolaires, ça a donné la méthode Richaudeau-Rémond…
    A bientôt peut-être.
    Jean Boyault


    Boyault — 30 octobre, 16:03

  12. Le probleme de l’ecriture attachee (liee) par rapport a l’ecriture detachee (qu’on appelle a l’ecole – injustement – scripte), c’est qu’on apprend a ecrire les lettres en commencant par une ligature (flagrant sur les j ou p), si bien que l’eleve s’imagine que la ligature fait partie integrante de la lettre.
    On le voit bien dans le caractere ci-dessus ou jkl ont des approches irreguliere puisque le dessinateur a considere que la ligature du j fait partie integrante de la lettre.
    Pourquoi on n’apprendrai pas a l’ecole une ecriture baton romaine (dans le genre Avenir) et une ecrirure italique basee sur une cancellaresca simplifiee (plutot que ces ecritures a boucles)?

    Pour repondre a Jean Boyault, c’est bien beau d’accuser le Typographe de transformer le propos du dessinateur mais regardez au moins qui a ecrit l’article…
    De plus, si un caractere est publie dans une fonderie (a un tarif pro), c’est qu’il est considere comme professionnel, il est donc comparable a d’autres fontes pro, il faut assumer. C’est la difference entre des fontes que l’on fait par loisir et qu’on laisse gracieusement a la disposition des utilisatueurs et puis les fontes commerciales.


    xavier — 31 octobre, 04:07

  13. Xavier, je suis d’accord avec vous sauf sur une chose, commercial ne veut pas forcément dire professionnel, sa profession est bien l’enseignement, pas la conception de fonts. On peut d’ailleurs tout à fait vendre quelque chose qui n’est pas aboutit (pour les autres en tout cas), si telle est la volonté. Cette font est cohérente par ses défauts parce qu’ils rappellent les maladresses des enfants qui apprennent à écrire. Maintenant peut être que la valeur pécuniaire qu’on leur attribue est peut être malvenue, cela dit valeur pécuniaire n’est pas synonyme de valeur qualitative.


    Benoit — 31 octobre, 12:02

  14. “échec de la commission Porchez est sans doute dû au fait que ces fontes ne sont jamais arrivées dans les écoles”

    Je n’ai jamais été président d’une commission mais d’un jury, qui décerna 2 lauréats, qui eux avaient conçus de bons projets (cités plus haut dans les commentaires). Malgré mon temps passé à conduire le plus loin possible cette idée (sur mon temps libre), trouver une synergie entre ces 2 projets, effectivement rien n’a vu le jour, pour la bonne raison d’un changement de gouvernement. Rien d’autre.

    Clairement, une mauvaise méthode, ou pas de méthode (le cas depuis des années en France) n’aide pas nos enfants acquérir facilement une écriture simple et facile en adéquation avec les formes imprimées contemporaines qui leur permettra de faire face à l’orthographe, la manipulation des textes (contenus) avec l’aisance nécessaire et indispensable.

    Dès qu’une maison d‘édition, un enseignant, et d’autres, sans connaissance, pratique de l‘écriture (son histoire, son ductus, la raison des formes en présence), de création de caractères, d’apprentissage de la lecture à un niveau scientifique reconnu, décident seuls d’une formes, nous allons droit au mur, et cet exemple est une parfaite illustration. C’est typiquement ce qui a été refusé de manière unanime par le jury mis en place par l‘éducation nationale à l‘époque.


    j f p31 octobre, 18:39

  15. Bonjour à tous,
    Je vais préciser plusieurs choses, ce qui permettra je l’espère de nuancer certains avis émis suite à cet article.
    Son introduction n’est pas juste et je m’en excuse. Elle aura au moins permis de lire quelques commentaires intéressants.

    L’alphabet de Jean Boyault n’est évidemment pas une proposition de modèle d’apprentissage. Cet alphabet est une création originale faite à partir de souvenirs d’enfance et d’une expérience d’instituteur. Jean Boyault a créé son alphabet parce qu’il n’a pas trouvé satisfaction. Peut-être n’a-t-il pas, ou mal cherché et c’est là son seul tort !

    Le résultat est imparfait, maladroit sur pas mal de point mais c’est aussi ce qui fait son intérêt. Il existe encore, je l’espère une différence importante entre sympathique imperfection et vilaine médiocrité. Personnellement je pense qu’il n’y a pas de mauvais caractères juste de mauvaises utilisations. Le JB Scolaire ne cherche à tromper personne. De notre côté ( ainsiFont ) nous avons trouvé l’intention de Jean Boyault louable et sa pugnacité remarquable. Nous l’encourageons donc vivement à persévérer et à tenir compte des avis émis ci-dessus. Sébastien Delobel


    SeBN — 2 novembre, 11:54



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